Accompagnement des Communautés en vie associative formalisée

Dans le cadre de sa stratégie d’appui à l’émergence de partenariats d’affaires entre les communautés villageoises et les grands investisseurs, le PDIDAS a mis sur pied 22 organisations de producteurs pour servir de cadre d’échange et de négociation. Constituées principalement de communautés cédantes des offres foncières établies dans les neuf communes d’intervention du Projet, ces organisations comportent en leur sein 8 unions de producteurs et 14 Groupements d’Intérêt Economique (GIE). Deux types d’unions sont à retenir cependant selon le schéma du PDIDAS : une union composée de GIE et une autre constituée de producteurs de différents villages.

 « L’Union permet à ses membres de fédérer leurs actions et moyens pour gérer efficacement les investissements et permettre un développement de leurs activités » souligne Mme Fatmata Daffe, expert socio-économiste à la Firme de Facilitation des Investissements (FFI). Dans le cadre du projet PDIDAS, poursuit-elle, « ces producteurs organisés, doivent s’engager à partager les ressources, à contribuer à la conduite des activités de production, à partager les retombés futurs entre autres ».

Entamé depuis février 2017, l’appui à l’organisation en vie associative des producteurs, a nécessité la tenue d’ateliers préparatoires pour une mise à niveau des communautés sur les formes organisationnelles, les organes, les modalités de mise en place et la fixation des dates des Assemblées Générales constitutives. Les rencontres ont regroupé les acteurs clés de chaque offre foncière notamment le maire ou son représentant, le Sous-Préfet, le Chef du Centre d’Appui au Développement Local (CADL), le Chef de village, les cédants (ceux qui ont mis leurs terres à la disposition du PDIDAS), les représentants des femmes et des jeunes, les organisations paysannes et d’éleveurs, etc.

A noter que les organisations de producteurs, sont composées de plusieurs organes d’administration dont un Bureau exécutif et des organes spécialisés (Commissions). L’élection des membres des organes a été précédée d’un travail préparatoire pour rechercher auprès de tous les acteurs concernés un consensus dans le choix des personnes à élire, le type d’organisation et de leur structuration, les critères et conditions pour être membres, les droits d’adhésion, etc. Dans l’ensemble, l’Assemblée Générale n’a fait qu’entériner les propositions.

Une des missions des membres du bureau de l’Union de Producteurs est de représenter les populations dans les négociations foncières avec les investisseurs. Il est également habilité à veiller à l’exécution ou à la mise en œuvre des activités et programmes de l’organisation conformément aux orientations et objectifs définis par l’Assemblée Générale ; ou encore émettre son avis et ses recommandations sur les rapports d’activités et financiers etc.

« L’Union des Producteurs répond parfaitement à ses objectifs. Chez nous, en fonction des affinités, les quartiers se sont organisés en GIE, qui à leur tour se sont fédérés pour donner naissance à une Union des producteurs du village de Gandon. A présent, nous attendons de voir un développement socio-économique et culturel de nos localités par le biais de cette union. Nous voulons voir des communautés épanouies, des emplois créés et une production boostée grâce à cette organisation communautaire », laisse entendre Babacar Wade, Président de l’Union des Producteurs du Village de Gandon (UPVG).

Afin de jouer pleinement leur rôle, les membres du bureau vont bénéficier de renforcements de capacités dans des domaines comme la gestion administrative et financière, l’organisation, etc. A travers les Organisations de Producteurs, les communautés locales bénéficieront d’une assistance technique dans la négociation de contrats agro-business respectueux de la Gestion Durable des Terres et de l’Eau (GDTE). Cette assistance permettra également de promouvoir l’adoption de pratiques GDTE par les agriculteurs.

Outre le bureau exécutif, chaque Union de Producteurs est composée de plusieurs commissions dont celles chargées de la production, de la formation, de la promotion des jeunes et des femmes, de la commercialisation, de l’approvisionnement et gestion des intrants etc.

Pour assurer une pérennisation de ces structures, le PDIDAS a récemment entamé le processus de formalisation des OP, pour leur donner un statut juridique (reconnaissance juridique, NINEA au niveau de l’APIX…) afin de  bénéficier de certaines opportunités. Ainsi, une fois outillées, elles pourront améliorer leurs relations d’affaires avec les institutions de financement existantes, notamment la Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal (CNCAS), et aussi assurer une meilleure gestion de leurs activités en toute autonomie.